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MiraMIRAMémoire des Images Réanimées d'AlsaceCinémathèque régionale numérique

Portraits de cinéastes
      • Portrait de cinéaste : Armand Gerber

      • Par Marion Brun
      • Portrait de cinéaste : Armand Gerber
      • Armand Gerber était de ces hommes qui, dans l’après-guerre, mirent la caméra au service du progrès. Ingénieur principal de la Direction des services agricoles du Bas-Rhin, il fut missionné – à moins que cela ne soit de sa propre initiative, l’histoire ne le dit pas – pour fixer sur pellicule 16mm les temps forts de l’agriculture bas-rhinoise. Déposée à MIRA par son ancien collègue Bernard Frantz, sa collection, composée de neuf films méthodiquement conçus, forme un ensemble homogène où se dévoile la profonde mutation de la ruralité alsacienne entre le début des années 1950 et les années 1960, portée par la science, la mécanisation et l’essor d’une production de masse. 

        Témoin et rapporteur d’un milieu en mutation

        L'œuvre d’Armand Gerber documente cette transformation qui conduit les campagnes à produire davantage, plus vite et avec plus de méthode à l'heure de la reconstruction. Sa caméra devient un outil de transmission : elle diffuse les savoirs techniques, suit les expérimentations, illustre les gains de rendement obtenus par la modernisation. 

        Dès Sous le signe du progrès (1952), son premier film, le cinéaste pose les jalons de son œuvre et se fait témoin de la modernisation rurale. Les premières machines à planter le tabac, les démonstrations lors des foires et concours, les moteurs qui s’ébranlent... tout concourt à montrer une agriculture en marche. Armand Gerber ce tournant avec la dextérité d’un technicien, au goût prononcé pour le détail et les gestes, dans une grande maîtrise du format 16mm. Dans Panoramique sur l'agriculture bas-rhinoise (1953) et Panorama de l’agriculture alsacienne (1954), il embrasse la transformation de l’ensemble d’un territoire, des vignobles de Cleebourg aux plaines du Ried. Il montre comment la coopération entre agriculteurs et villages pour l'acquisition de matériel ou l'utilisation de caves viticoles communes accompagne le développement de l'économie rurale. 

        Au fil des années, Armand Gerber poursuit sa documentation du progrès agricole. Activités agricoles dans le Bas-Rhin (1955) tout comme Tableau de l’agriculture bas-rhinoise (1961-1962) dressent un inventaire précis des innovations locales. On y découvre la motorisation des travaux des champs, les concours d’élevage, la sélection des semences, les pratiques d’hygiène rationalisées dans les étables ou encore la conservation améliorée des fourrages et plants – autant de jalons qui font entrer l'agriculture dans l’ère moderne. À travers sa filmographie, c’est tout un territoire qui s’organise, s’équipe, se projette.

         

        Démonstration d'un chargeur à foin à Walbourg © Armand Gerber

         

        Le cinéma comme pédagogie 

        Gerber ne se contente pas de célébrer la machine. Pour les Services agricoles du Bas-Rhin, il filme l’organisation du progrès, sa diffusion ainsi que son application concrète dans les fermes et les champs. Son ambition est celle de l'instruction : certains de ses films sont de véritables supports de vulgarisation scientifique, témoignages d’un moment où la technique se met au service d’une ambition nationale – nourrir une population croissante. Ainsi, Quand où comment pourquoi ? (1959) diffuse les bonnes pratiques de culture de la pomme de terre ; Comment désinfecter et blanchir une étable (vers 1960) promeut l’hygiène comme valeur collective et signe son attachement à la coopération. Le caractère didactique de son travail atteint son apogée avec Insémination artificielle des bovins en Alsace (1955), véritable film de formation dans lequel chaque étape du processus (sélection, prélèvement, transport, intervention à la ferme) est exposée avec minutie. Les images sont agrémentées  de cartes, de graphiques et de tableaux : autant d’outils pédagogiques chers aux films techniques des années 1950. 

         

        Laborantin examinant la semence d'un taureau © Armand Gerber


        Avec sa caméra 16 mm, Armand Gerber ne cherche pas l’effet, mais la clarté. Ses plans, dignes de ceux d'un professionnel, sont stables, composés, explicatifs. Ses cadrages privilégient les enchaînements de gestes, les mouvements d’outils, les allées et venues des tracteurs dans les champs. Mais derrière cette rigueur, affleure la sensibilité d’un homme attaché à la terre et soucieux de montrer la beauté des bêtes et des vallées ou de valoriser le savoir-faire et les gestes des paysans alsaciens comme lors de la récolte des asperges et le tri du houblon.  

        Les films d’Armand Gerber sont conçus pour instruire tout en conservant la trace d’un monde en transition : celui des campagnes alsaciennes quittant peu à peu les chevaux pour les tracteurs, les savoirs empiriques pour les protocoles. À la frontière du cinéma d’enseignement et du témoignage ethnographique, son oeuvre constitue aujourd’hui une archive précieuse. Ses films, destinés aux Services agricoles du Bas-Rhin, furent certainement un outil moderne, capable de formerde convaincre et de transmettre ces nouvelles pratiques aux agriculteurs. Ainsi, Armand Gerber apparaît moins comme un propagandiste du progrès que comme un passeur convaincu que la modernité peut s’écrire sur pellicule, et que l’image participe à l’histoire des campagnes d’Alsace.

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