• Contactez-nous
  • Déposer un film
  • Espace presse
  • Rhinédits
  • En vous identifiant à l'aide d'une adresse e-mail et d'un mot de passe, vous pourrez découvrir gratuitement l'intégralité des collections de MIRA, conserver un historique de vos recherches et de vos séquences favorites !

    MIRA s'engage à ne pas transmettre vos données personnelles à des tiers. Les informations recueillies font l’objet d’un traitement informatique destiné à l'inventaire du patrimoine cinématographique alsacien. Les destinataires des données sont l'association MIRA. Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer en vous adressant à : Association MIRA - 7 rue des Alisiers 67100 Strasbourg. Vous pouvez également, pour des motifs légitimes, vous opposer au traitement des données vous concernant. Déclaration CNIL n°1767467v0

    Votre courriel
    Votre mot de passe

MiraMIRAMémoire des Images Réanimées d'AlsaceUne cinémathèque numérique

Parcours thématiques
      • Denise Albert, une alsacienne en Algérie

      • Un témoignage recueilli par Odile Gozillon-Fronsacq
      • Denise Albert, une alsacienne en Algérie
        • Fonds Albert © MIRA
      • Denise a épousé un jeune Normand, le cinéaste amateur Jean Albert, qui a confié ses collections de films à MIRA. Il lui a fait connaître l’Algérie où elle a vécu deux ans, le temps d’apprendre à aimer ce pays et d’y donner naissance à son fils aîné. Elle a témoigné de cette expérience, mais a préféré un témoignage écrit à une interview filmée. D’où ce parcours thématique que nous lui consacrons.

        Denise naît dans une famille alsacienne. La jeune fille vit à Strasbourg, et travaille comme vendeuse dans le magasin de chaussures Vedette, « magasin très moderne où l’on pratique déjà le self-service ». 

           
        Le magasin de chaussures Vedette à Strasbourg, où Denise a travaillé avant son mariage

        Elle rencontre Jean, qui vient de réussir le concours d’officiers de réserve et a été envoyé à Kehl rejoindre la Compagnie de Livraison par Air. Les jeunes gens sympathisent en discutant métier : le père de Jean est bottier, celui de Denise mécanicien d’avion. Très amoureux, ils se marient à Strasbourg le 18 juillet 1959, à la paroisse protestante Saint-Pierre-le-Jeune [1]. Dès le lendemain du mariage, ils vont habiter en Algérie. Jean connaît bien l’Algérie, où il a été envoyé comme parachutiste en 1957 [2]. Pour Denise, c’est le début d’une aventure de part et d’autre de la Méditerranée.

        Une jeune femme à Alger

        En 1959, son service militaire enfin terminé, Jean travaille pour la compagnie Air Algérie, comme chef du service du fret à l’aéroport de Maison Blanche. Denise trouve un emploi dans le magasin de chaussures Bally, rue Michelet à Alger. Un très beau magasin dessiné par l’architecte Mallet-Stevens en 1937 [3]. Elle y va en bus, « même si c’était parfois difficile, parce qu’il y avait souvent des voitures plastiquées. Mais on allait quand même au travail », se souvient Denise.

            
        Le magasin Bally, où travaillait Denise. Un magasin de luxe, construit par l’architecte Robert Mallet-Stevens. 
        Alger, enfants portant les ballons Bally, vers 1961 [4]

        Le jeune couple vit des jours heureux, malgré les incertitudes sur la situation politique. Denise découvre la vie de jeune épouse, ils habitent un studio dans le quartier de La Redoute ; elle aime jouer à la parfaite maîtresse de maison. 
         

        Denise jeune épouse à Alger, en janvier 1960. Au verso Jean, attendri, a écrit : « C’est bien rangé, vous ne trouvez pas ? »
         

        À Tipasa, dans les ruines de la ville romaine, Jean, Denise et des amis européens et algériens. « On avait beaucoup d’amis algériens ».

        Jean continue à pratiquer la photo et le cyclisme. Le pays est beau, le climat agréable, ils ont de bons amis et ils sont amoureux. Ils attendent un bébé et déménagent à Hydra [5], quartier résidentiel sur les hauteurs d’Alger. 

        Une jeune mère à Alger

        En 1960 naît leur premier enfant, Sylvain. Le jeune couple découvre la joie d’être parents. Denise décide d’arrêter de travailler pour se consacrer entièrement à son fils. 
         

        24 juillet 1960 à la maternité d'Alger

        Jean Albert filme sa femme et son fils dès la maternité [6], puis les promenades derrière le landau du bébé dans le quartier, et dans la ville. Ils découvrent la campagne alentour[2], ils vont à la plage à la Madrague[3], aujourd’hui El Djamila, station balnéaire proche d’Alger. Ils continuent à se promener dans le pays, - mais ils prennent des précautions : ils ne s’éloignent pas à plus de 60 km d’Alger. La guerre est proche.
         

        Denise en promenade à Alger avec le bébé et des amis (photogramme d’un film Jean Albert)

         

        La Madrague, plage proche d’Alger. « On allait pique-niquer sur la plage avec des amis de Jean du club photo. C’est là que j’ai mangé des huîtres pour la première fois, avec un petit verre de vin blanc. C’était tout frais, ça sentait la mer » 


         
        Denise et son fils sur la plage de La Madrague (photogrammes d’un film de Jean Albert)
         

        Denise et son fils devant le domaine viticole d’Ain-Allah (photogramme d’un film de Jean Albert)
         

        En promenade, rencontre avec un berger algérien (photogramme d’un film de Jean Albert)


        Les films ne montrent pas les « événements d’Algérie ». Jean Albert avait filmé la venue de de Gaulle en Algérie en 1958. Mais après l’arrivée de sa femme, il n’enregistre plus que les moments paisibles. Les joies familiales dominent aussi dans le récit par Denise de ces deux années passées à Alger. « On pensait toujours qu’il pouvait se passer quelque chose mais on pouvait se promener tranquilles », dit Denise. Elle raconte qu’elle allait faire les courses dans les petites épiceries algériennes du quartier. « Tout le monde était très sympathique, les gens étaient accueillants, j’étais toujours bien reçue ». À son travail, Jean a de très bonnes relations avec ses collègues algériens. Le cercle proche est amical, qu’il s’agisse d’Algériens, de pieds-noirs, ou de nouveaux arrivés comme la famille Albert. Mais l’Histoire va en décider autrement. 
         

        Jean Albert, excellent cinéaste amateur, filme sa femme Denise et leurs années algériennes

        La violence et le départ 

        Car la violence rend la vie de plus en plus difficile. Les précautions ne suffisent plus, le danger devient trop grand. C’est un déchirement, mais ils décident de rentrer. « S’il n’y avait pas eu les bombes, on serait restés au moins un ou deux ans de plus, car c’était beau. Mais à un moment, trop de voitures sautaient, on n’osait plus aller en ville ».
         

        En 1961, le départ est définitif. Denise quitte Alger avec son enfant. 

        Elle est partie avec le bébé six mois avant son mari, en 1961. Jean a réussi à ramener leurs meubles. Leurs amis sont rentrés aussi. « On n’a plus d’amis là-bas, tout le monde est parti, les amis, les copains cyclistes, les collègues. C’était trop risqué. »

        Un rapatriement douloureux

        L’arrivée en métropole n’a pas été facile. Denise est retournée chez ses parents, Jean est parti chercher du travail dans l’aviation, à Orly en particulier. Mais il n’a rien trouvé. Parce qu’il ne parlait pas anglais ? Trop de concurrence aussi sans doute (un million de rapatriés).

        Denise a donc à son tour cherché à se faire embaucher. « Je prenais ce qu’il y avait ». Et il fallait s’occuper aussi de son fils, car ses parents n’étaient pas disponibles pour le garder à plein temps. Elle a travaillé à la chaîne chez Joustra, le fabricant de jouets, et ses horaires (de 7h à 14h) lui permettaient de s’occuper de son fils l’après-midi. 
         

        Jean de son côté a fait de multiples « petits boulots ». Finalement ils partent à Besançon où un oncle propose d’embaucher Jean. Denise, elle, retrouve un emploi de vendeuse dans un magasin de chaussures, grâce à l’intervention d’un décorateur qu’elle avait rencontré quand elle travaillait chez les « Chaussures Vedette ». C’est donc grâce à la famille, et aussi grâce à des amis, que le jeune couple finit par retrouver une situation plus stable. Ils resteront un moment à Besançon, puis reviendront à Strasbourg en 1963, Jean ayant été embauché par le père de Denise dans son auto-école. Mais il fallait beaucoup travailler. « Ça ne tombait pas du ciel. Et les heures de travail, c’était du matin 8h à 7h30 le soir. En plus il fallait déposer l’enfant à la crèche, et revenir le reprendre le soir ». 

        Après les années algériennes, le retour a donc été très dur. Denise garde la nostalgie de ces premières années, et une forme d’incompréhension douloureuse : « On ne pensait pas que l’Algérie allait finir comme ça »

        ________________________________________________________

        [1] Film Jean Albert, MIRA 0003FH0004
        [2] Dans les services de livraison de matériels militaires ; il n’a jamais été au combat direct ; films MIRA 003FH000
        [3] https://robertmalletstevens.blogspot.com/p/magasins.html?m=1
        [4] http://esmma.free.fr/mde4/images/ruedisly/philippon_ballyb.jpg
        [5] Film Jean Albert MIRA
        [6] Film Jean Albert MIRA 0003FH0004
        [7] Film Jean Albert 0003FH0009
        [8] Aujourd’hui El Djamila

      • Films en lien

31, rue Kageneck 67000 Strasbourg | Tél. 03 88 22 03 32 | www.miralsace.eu | contact@miralsace.eu
powered by diasite | designed by yurga.fr

Recevez la newsletter | Se désinscrire | Mentions légales