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MiraMIRAMémoire des Images Réanimées d'AlsaceUne cinémathèque numérique

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      • Scènes de la vie juive

      • Par Odile Gozillon-Fronsacq
        Octobre 2021
      • Scènes de la vie juive
        • Fonds Weill © MIRA
      • Le colloque organisé par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Haguenau les 2 et 3 octobre 2021 a été l’occasion de rassembler des chercheurs travaillant sur des sources fort différentes : architecture, textes historiques, témoignages, littérature, poésie, iconographies diverses… Monsieur Richard Weibel, président de la SHAH et organisateur du colloque, a souhaité recourir à un type de document très riche et de plus en plus souvent utilisé par les historiens : le film, et plus spécialement le film amateur. C’est pourquoi il a fait appel à l’association MIRA, Mémoire des Images Réanimées d’Alsace.

        « DES IMAGES DE LA VIE JUIVE »

        C’était la demande formulée par la SHAH. C’était un sujet questionnant : qu’est-ce que « la vie juive » ? Nous avons choisi en priorité de présenter des extraits de trois beaux fonds que des familles juives ont confiés à MIRA assez récemment. Dans les trois cas, il s’agit de films muets, tournés des années 40 aux années 70, en noir et blanc ou en couleur, en 8 mm ou en Super 8 mm. 

        Pourquoi ces familles ont-elles accepté de nous confier leurs films ?

        Deux raisons majeures sont invoquées. Un souci patrimonial : il s’agit de conserver la mémoire d’une vie de famille aujourd’hui disparue. Conserver les films originaux, et conserver les copies numériques, dans les conditions les meilleures possibles. Un souci de partage aussi : la numérisation permet de faire connaître ces images à des membres de la famille aujourd’hui souvent très dispersés dans le monde, et aussi de les partager avec des publics qui pourront en tirer plaisir et enseignement. 

        Trois grands fonds

        Les trois familles sont alsaciennes, et plus précisément strasbourgeoises. Leur dépôt fait suite à des projections organisées par MIRA, l’une à la Maison de l’image, deux autres à la synagogue de Strasbourg. Ceci montre l’importance du contact direct avec les détenteurs de films.

        Le fonds KLEIN [1] nous a été apporté par le Dr Marc-Henri KLEIN. Il s’agit des films tournés par son père, Etienne Klein. Né le 29 janvier 1923 à Strasbourg, Etienne a étudié la photo à Lyon pendant la guerre, et c’est dans cette ville qu’il a rejoint la résistance à 17 ans, puis la 2è DB en Alsace avec De Lattre de Tassigny. Démobilisé en 1945, il s’installe à Strasbourg, se marie en 1949 et ouvre une boutique de photo, « Art et Photo ». Son fils, médecin, a hérité de cette passion pour la photographie [2] .

        Etienne Klein a beaucoup filmé sa famille et ses voyages. Nous avons choisi de montrer le film de son mariage à Strasbourg en 1949 (probablement dans la synagogue provisoire installée près de l’Opéra). Il avait dû confier sa caméra à un ami ou à un employé. C’est un moment à la fois grave et heureux.

        Nous avons sélectionné aussi des moments de la vie de famille très divers : l’anniversaire des 90 ans de la grand-mère, les bougies de Hanouka, une fête à l’école maternelle, et un mariage dans les années 80.

        Le fonds JABLON [3] est constitué de films de famille tournés le plus souvent par le père, médecin à Strasbourg. Nous avons retenu des films représentant les promenades à pied dans la ville et dans les parcs strasbourgeois : premiers tours de la petite fille avec un vélo sans roulette devant le Palais universitaire, jeux à l’Orangerie. De jolis films de vacances aussi : vacances en famille dans les Vosges, vacances avec des amis près de Ribeauvillé, vacances au bord de la mer. De très belles images qui montrent la complicité entre l’opérateur et ses stars préférées : sa femme et ses enfants, sa famille proche, ses amis.

        Le fonds WEILL [4] nous a été confié par Monsieur Georges WEILL [5], lui-même historien et archiviste, donc très concerné par la conservation des documents historiques. Ils ont été tournés par lui-même : il a reçu une caméra pour sa bar-mitsva. Nous avons projeté des films tournés juste après la guerre dans la Neustadt [6], où habitait la famille. De nombreuses images nous montrent la joie de se promener en famille place de la République (où la petite fille joue à la balle, et découvre le monument aux morts), et dans les rues proches encore dépourvues de voitures ; ou encore dans le parc des Contades où maman et fillette jouent à la marelle. Rassemblements familiaux, venue d’une tante avec sa voiture, promenade d’un bébé… toutes scènes à immortaliser, selon le jeune opérateur. Par ailleurs, de très belles images ont été tournées lors de voyages en famille en Israël.

        Trois chapitres

        Nous avons choisi de présenter ces films en trois temps : la première partie consacrée à la vie quotidienne (12 minutes), la deuxième aux vacances (14 minutes), la troisième aux événements (5 minutes). 

        Cette inégale distribution thématique correspond à la réalité : nous avons beaucoup d’images de promenades dans Strasbourg, beaucoup d’images de vacances un peu partout, et très peu d’images d’événements.

        Mais ceci n’est pas particulier aux films de familles juives. Presque tous les films de famille montrent les jours heureux. C’est très facile à comprendre, car nous reproduisons le plus souvent les mêmes schémas aujourd’hui. Quand sortons-nous nos caméras, appareils photos ou smartphones ? Quand nous avons le temps. Quand nous avons le sentiment qu’il se passe quelque chose que nous aimerions revoir (mariage, premiers pas d’un bébé…), et quand nous jugeons que nous ne sommes pas déplacés. On ne sort pas sa caméra pour filmer quelqu’un en pleurs, ou malade, ou mort (cela se faisait pourtant au siècle dernier, on photographiait les défunts). Dans ce sens, ces instants anonymes [7] filmés par nos trois opérateurs ressemblent aux nôtres, et ils nous touchent, car ils nous rappellent nos propres vies, nos propres parents, nos propres enfances.

        Alors, rien de spécial dans ces « scènes de la vie juive » ? 

        Dans les images, on peut relever quelques particularités. Des images liées à la synagogue : un repas au restaurant Shalom de la synagogue de Strasbourg, deux mariages juifs avec des rites spécifiques, des enfants qui montrent des apprentissages liés au judaïsme, à l’école maternelle de la synagogue… Des évocations d’amis venus d’Israël pour visiter leur famille alsacienne et passer plusieurs jours avec elle. D’assez nombreuses images de voyages en Israël, en famille souvent, ou avec des amis, qui montrent l’attachement à Jérusalem. 

        Mais par-delà les images, on découvre grâce à ces fonds des histoires et des personnages exceptionnels. Je ne retiendrai que deux exemples : ce père de famille qui se promène dans la forêt vosgienne par un dimanche ensoleillé, qui plaisante avec l’opérateur, est un homme qui a joué un grand rôle dans l’histoire de la psychiatrie française : c’est le professeur Lucien Israël [8]. Et dans un autre fonds, une femme apparaît à plusieurs reprises : c’est une mère de famille qui pousse un landau dans une rue de la ville, seule ou entourée de sa mère, de sa sœur, de ses neveux ; ou encore avec toute la famille en vacances dans un chalet des Vosges, elle rit, fume, joue avec son fils… Et pourtant cette femme si semblable à des dizaines d’autres mères de famille, est une résistante exceptionnelle, qui a œuvré au salut des juifs venant d’Allemagne dès les années 30, et a ensuite sauvé des centaines d’enfants en les accueillant dans des colonies de vacances en Alsace, puis, évacuée après 1939 dans le Sud de la France, a travaillé avec des ONG à faire sortir des centaines d’enfants des camps de Gürs et Rivesaltes. Une « Femme de lumière [9] » exceptionnelle.
         

        Andrée Salomon, Fonds Weill  © MIRA

        Ces découvertes ne sont possibles que si on s’attache à découvrir ce qu’il y a derrière les images, qui, comme on le sait, tout à la fois révèlent et masquent des réalités multiples. C’est pourquoi un travail d’enquête et de contextualisation est si nécessaire pour accompagner les films. Et on n’oubliera pas de s’arrêter aussi à la question des images manquantes, spécialement importante lorsqu’on évoque des « scènes de la vie juive ». De la déportation et de la persécution des juifs, nous n’avons dans nos collection qu’un film : « Catastrophes [10] », tourné par Georges Lortz, dentiste à Wissembourg. Il a filmé la synagogue de Strasbourg incendiée par les Jeunesses Hitlériennes le 30 septembre 1940. Il n’est pas juif. Les derniers juifs d’Alsace avaient été expulsés par le Gauleiter Wagner le 13 juillet 1940…


        [1] Fonds 0016FH

        [2] http://galerie-quedar-strasbourg.over-blog.com/article-exposition-photographies-marc-henri-klein-115587144.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=fashion-art-design

        [3] Fonds 0210FH

        [4] Fonds 0211FH 

        [5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Weill_(archiviste)

        [6] partie de Strasbourg construite pendant la période de l’annexion allemande (1870-1914)

        [7] cf. « Instants anonymes », exposition du Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, 4 avril / 14 septembre 2008, à partir de centaines de photos de famille anonymes.

        [8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Isra%C3%ABl_(psychanalyste). MIRA a d’ailleurs édité sous forme de DVD le film « Parlez-moi d’amour », que lui a consacré la cinéaste Isabelle Rèbre.

        [9] Georges WEILL : Andrée Salomon, une femme de lumière, avec Katy Hazan, Paris, 2011.

        [10] Fonds LORTZ, 0203FH002

      • Films en lien

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