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L’opération de sauvegarde des films amateurs alsaciens

« L’association Mira est intéressée par les films qui sommeillent dans vos placards : le temps passant, ces images quittent la sphère intime pour raconter une histoire collective. Ils sont victimes des déménagements, voués à la poubelle quand vient l’envie de faire du vide : ce sont des films en formats 8, super 8, 9,5 16 ou 17,5 mm, devenus illisibles depuis que l’appareil qui les faisait vivre les a précédés à la déchetterie. Au mieux, on les enfouit au fond d’un nouveau placard, et l’on considère que ces souvenirs éteints ne possèdent qu’une vague valeur sentimentale. Et l’on se trompe, assurent Christiane Sibieude et Odile Gozillon-Fronsacq. »

« (…) Vos images privées intéressent Mira parce que Mira estime qu’elles sont un témoignage utile pour la collectivité. « Une communion dans les années 50, c’est clairement une pièce d’archives ! », considère Odile Gozillon-Fronsacq, qui joue le rôle de chef de projet au sein de l’association. Deuxième avantage de ces documents, en plus de l’aspect sociologique : ils permettent enfin de s’affranchir des sacro-saintes images officielles. »

« (…) Mira vient de bénéficier de soutiens financiers du conseil régional d’Alsace et du conseil général du Bas-Rhin. Elle lance désormais son grand appel à la population : Mira est preneuse de tout film amateur concernant l’Alsace et/ou des Alsaciens.
Elle pense faire face à l’afflux de travail que générera cet appel en procédant par étapes. D’abord, en faisant l’inventaire de ces films inédits et en montant un système d’archivage informatique cohérent avec ce qui existe ailleurs. Ensuite, en créant une banque de données sur un site internet et en numérisant les films. Enfin — pourquoi pas ? — en ajoutant un lieu physique à ce lieu virtuel.

« On inventorie… et on invente »

« On veut développer les partenariats, et servir d’interface entre ce qui est déjà en place, remarque Odile Gozillon-Fronsacq. Mais il est vrai qu’on invente en même temps qu’on inventorie… ». « La tâche est énorme, c’est sûr, mais il ne faut pas raisonner comme ça, poursuit Christiane Sibieude, présidente de MIRA. On a une conviction forte. On est devant quelque chose qui n’existe pas. Si nous sommes débordées, nous trouverons des aides supplémentaires ou nous prendrons une autre option. À terme, d’ailleurs, il ne serait pas illogique que, si elle démontre sa pertinence, une telle mission soit reprise par la collectivité. »

Hervé de Chalendar

Source : L’Alsace, édition du 22 novembre 2009.