Portraits de cinéastes

Émile BREESÉ (1902 - 1987)

Émile BREESÉ
Biographie

Mécanicien puis technicien radio, curieux de tout, Émile BREESÉ était un bricoleur de génie, qui a fait carrière dans un magasin de radio strasbourgeois. Professionnel du son, il se passionne aussi très tôt pour l’image : la photo d’abord, pendant la Grande guerre, alors qu’il était encore apprenti ; il s’agissait de photos sur plaques de verre, surtout des photos d’identité. Puis il a tourné des films dès 1930. Grand cinéphile, il organisait à la maison des séances de projection de films commerciaux loués aux magasins de la ville, Meyer et Wanner, Raab et Schoenfelder : il a ainsi fait découvrir à ses fils les Mickey, Charlot, Laurel et Hardy et autres comiques. Après la guerre, toute la famille a continué à visionner des films avec amis et voisins. C’est l’époque où on liquide le matériel allemand : son père acquiert ainsi à bon prix un projecteur 16 mm AGFA, et des films allemands, des documentaires surtout. Un jour, ayant reçu un film sonorisé, il fabriqua lui-même un adaptateur pour lire la bande son optique. Cinéaste-photographe, Emile Breesé était aussi un mécanicien passionné d’automobile, à une époque où peu d’Alsaciens en possédaient. La dernière, une DKW de 1937 acquise à bon prix aux surplus après la guerre, avait une belle carrosserie en bois rouge et noire, était décapotable, avec un moteur 2 temps qu’il dut complètement changer. Avec cette DKW, il a parcouru avec sa famille les autoroutes allemandes jusqu’à Coblence, dans les années 50.

Filmographie

Il avait acquis en 1930 une petite caméra Pathé Baby à manivelle, sur trépied. Avant la Deuxième guerre, il a surtout tourné des films de famille. Pendant la guerre, on n’osait guère enfreindre l’interdiction de filmer ou photographier, et il n’a réalisé que quelques courtes séquences. D’ailleurs il n’avait pas beaucoup de pellicule, d’autant moins que le format 9.5 (Pathé, donc français) n’était pas usité en Allemagne donc introuvable en Alsace annexée. Après la guerre, Emile Breesé continue à filmer en 9.5 jusque vers 1950, puis il se convertit au 8 mm. C’est son fils Gilbert Breesé qui a pris le relais du 9.5.