Portraits de cinéastes

Frédéric THOMAS (1919 - 1965)

Biographie

Né en 1919 à Francfort-sur-le-Main, de mère allemande et de père alsacien, Frédéric Thomas arrive en Alsace en 1921 et passe son enfance à Altenstadt (aujourd’hui associée à la commune de Wissembourg, dans le Nord de l’Alsace), près de sa famille paternelle. Il a trois frères : Hans, Helmut et Tomi, et une sœur, Else.

Il s’engage très jeune à l’École de gendarmerie de Challes-les-Eaux près de Grenoble, où il rencontre sa femme, née en 1923. Puis il fait toute sa carrière dans la gendarmerie, en dehors de la métropole.

Ses différentes affectations sont :

-       la Guyane : Cayenne, en 1945-1946, retour en 1947

-       la République Centre Africaine : Berbérati, en 1949

-       le Tchad : Bongor en 1957

-       le Gabon : Lambaréné en 60 ; il y reste 6 ans, devient un ami d’Albert Schweitzer.

Victime de maladies tropicales, il meurt prématurément en 1966 à 46 ans à l’hôpital militaire Lyautey (Strasbourg Neuhof).

Sa fille Suzanne témoigne qu’il était un esprit curieux, très intéressé par la modernité (il savait piloter, par exemple) mais aussi par les traditions des peuples qu’il a pu côtoyer : il a écrit sur les peuples africains, par exemple. « Sa vie était africaine. Même lors de ses retours en Alsace, il se promenait en tenue africaine », dit-elle. Mais il a été enterré à Altenstadt.

Filmographie

Frédéric Thomas avait toujours sa caméra avec lui. Il a tourné de nombreux films en format 8 mm, qui témoignent de la vie d’une famille de fonctionnaires français dans différents pays d’Afrique au cours des années 50 et 60. Il a filmé aussi bien la vie des blancs que celle des Africains qui l’entouraient.

Il a par ailleurs réalisé de nombreuses prises de vues lors de ses retours en Europe, et plus particulièrement en Alsace : comme tous ses confrères, il avait six mois de congés tous les deux ans, et en profitait pour réunir toute sa famille à Altenstadt. Il filmait son voyage (en bateau, toujours, jamais en avion) et son séjour en France.

Ses images lui permettaient de montrer à sa fille Suzanne, interdite d’Afrique de l’âge de 2 ans à celui de 11 ans à cause du paludisme dont elle souffrait dès sa naissance, de connaître la vie de son père trop lointain. Elles nous permettent à nous, aujourd’hui, de mieux connaître la vie des expatriés dans les années 50 et 60, et la vie en Alsace dans ces mêmes décennies.

C’est sa fille Suzanne, très consciente de l’intérêt historique de ces films, qui les a confiés à MIRA en 2017.

Complément

Source : sa fille, Suzanne Thomas-Jautzy